Les fondements de la Stratégie Plan Maroc Vert


   Premier fondement : Faire de l'agriculture le principal levier de croissance sur les 10 - 15 prochaines années

L'agriculture doit être érigée au rang de principal levier de croissance, et ce à travers :

  • Le renforcement de la part de l'agriculture dans le produit intérieur brut (PIB) de 70 à 100 Mds MAD, sachant que le PIB agricole actuel s'élève à 74 Mds MAD.

  • La création de 1,5 Millions d'emplois supplémentaires.

  • La Lutte contre la pauvreté et l'amélioration du revenu agricole de 2 à 3 fois en faveur de 3 millions de ruraux.

  • L'accroissement de la valeur des exportations de 8 à 44 Mds MAD pour les filières où le Maroc est compétitif (agrumes, olivier, les fruits et légumes).

  • Le lancement d'une nouvelle vague d'investissements estimés à 10 milliards de MAD annuellement par la mise en place de 1506 projets.

   Deuxième fondement : Adopter l'agrégation comme modèle d'organisation de l'agriculture

Le Plan Maroc Vert a été bâti sur le principe de l'agrégation comme outil de développement du secteur agricole, sa mise en œuvre réside dans la création d'un partenariat gagnant-gagnant entre l'amont productif et l'aval commercial et/ou industriel.
 

   Troisième Fondement : Assurer le développement de l'agriculture Marocaine dans son ensemble sans exclusion

Le Maroc se caractérise par deux types d'agriculture :

  • Une agriculture moderne, localisée au niveau des zones irriguées et du bour favorable, elle occupe 20% des superficies cultivées et se caractérise par une forte productivité grâce à l'utilisation de techniques modernes.

  • Une agriculture traditionnelle et vivrière, localisée au niveau du bour défavorable et les zones de montagne et oasiennes. Cette agriculture occupe 80% de la SAU.

  • Compte tenu de cette grande diversité de l'agriculture nationale, le Plan Maroc Vert s'adresse à tous les acteurs dans leur diversité et leurs contraintes socio-économiques propres selon deux approches:

    La première dite « Pilier I », porte sur le développement d'une agriculture moderne et à haute valeur ajoutée/haute productivité dans les zones irrigues et du bour favorable répondant aux règles du marché en s'appuyant sur les investissements privés.

    La deuxième dite « Pilier II » concerne l'accompagnement solidaire de la petite agriculture, à travers l'amélioration des revenus des agriculteurs les plus précaires, notamment dans les zones enclavées.

   Quatrième Fondement : Promotion de l'investissement privé

Il porte sur la nécessité de promouvoir l'investissement privé, accompagné de l'aide publique.
Pour les projets pilier II ,70 à 80% seront supportés par les bailleurs de fond nationaux et étrangers, le reste sera en grande partie pris en charge par le fond de développement agricole (FDA).

Pour les projets pilier I, et pour encourager les investissements privés, l'Etat accorde, dans le cadre du Fonds de Développement Agricole (FDA), des aides financières sous forme de subventions et de primes.

 

   Cinquième Fondement : Adopter une approche contractuelle pour réaliser le Plan Maroc Vert
 

La mise en œuvre du Plan Maroc Vert nécessite la mobilisation de l'ensemble des acteurs des différents secteurs, notamment, l'administration, les élus régionaux et locaux, les professionnels et les associations. Tous ces acteurs opéreront dans un cadre de partenariat qui détermine le champ d'action et la responsabilité de chaque intervenant.
 

   Sixième fondement : Pérenniser le développement de l'agriculture Marocaine

La stratégie prévoit pour la réalisation de ses objectifs, la sauvegarde des ressources naturelles afin d'assurer une agriculture durable et ce à travers les balisages suivants :

  • L'intégration à la dimension «Changement climatique » au niveau de la conception des projets Plan Maroc Vert.

  • La reconversion de près de Un Million d'hectares de céréales vers les plantations fruitières qui sont de nature à protéger les espaces agricoles.

  • L'expérimentation des Semi-directs pour une utilisation beaucoup plus vaste.

  • L'appui à l'utilisation des systèmes d'irrigation à économie d'eau (de 154 000 actuellement à 692 000 ha).

  • L'appui au développement de l'utilisation des énergies renouvelables dans le domaine agricole (solaire, éolien et biogaz).

   Septième fondement : Préparer la refonte du cadre sectoriel

Pour réussir les deux piliers de cette stratégie, la refonte du cadre sectoriel s'avère d'une importance capitale. Cette refonte concerne les axes transverses suivants :

Le foncier :
La nouvelle politique foncière se caractériserait par :

  • La mise en gestion privée des terres publiques, collectives et habous.

  • La mise en place des conditions cadres favorisant l'agrégation et le partenariat public-privé.

  • La poursuite des efforts de réformes structurelles (immatriculation, enregistrement).

  • L'accélération massive de la titrisation.

  • L'eau :
    La nouvelle politique de l'eau se caractériserait par :

    • La mobilisation de nouvelles ressources.

    • La maintenance et extension des périmètres existants.

    • La mise en gestion déléguée de l'eau d'irrigation.

    • La tarification incitative.

    • La coordination des différents intervenants.

    • La généralisation des techniques d'irrigation moderne.

    • L'utilisation de l'eau pour des cultures à haute valeur ajoutée.

    • La fiscalité : La mise en place d'une politique fiscale adaptée en tenant compte des spécificités régionales et économiques du secteur agricole à l'horizon 2013.

      Le marché national : La stratégie prévoit la modernisation des circuits de distribution et l'amélioration de l'accès aux marchés de gros et aux abattoirs.

      L'accompagnement et suivi/évaluation : La mise en œuvre du Plan Maroc Vert nécessite la restructuration du ministère de l'agriculture et de la pêche maritime dans l'objectif d'un redéploiement des ressources de l'Etat afin de s'aligner sur la nouvelle dynamique créée par l'avènement d'acteurs privés structurés, la refocalisation sur les fonctions de régulation et le transfert accru des fonctions opérationnelles vers le privé et la création de deux nouvelles structures capables d'attirer les hauts potentiels et de jouer le rôle de renouveau et d'impulsion.